Total a signé avec la National Iranian Oil Company (NIOC), la compagnie nationale iranienne, le contrat portant sur le développement et la production de la phase 11 de South Pars (SP11), le plus grand gisement de gaz naturel au monde. La capacité de production du projet est de 2 milliards de pieds cube par jour, soit 400 000 barils équivalent pétrole par jour en incluant les condensats. Le gaz produit est destiné à alimenter le marché domestique iranien à partir de 2021.

Ce contrat, d’une durée de 20 ans, est le premier Iranian Petroleum Contract (IPC) et reprend les termes techniques, contractuels et commerciaux du protocole d’accord signé le 8 novembre 2016. Total en est opérateur et détient une participation de 50,1% aux côtés de la compagnie nationale chinoise CNPC (30%), et de Petropars (19,9%), filiale à 100% de la NIOC.

Le développement de SP11 se fera en deux phases : la première, d’un montant estimé à 2 milliards de dollars équivalent, verra le forage de 30 puits, la construction de 2 plateformes et l’installation de deux lignes de connexion à des installations de traitement à terre déjà existantes. Ultérieurement, lorsque cela sera rendu nécessaire par les conditions du gisement, une seconde phase d’investissement prévoit la mise en place d’installations de compression offshore, ce qui constituera une première sur le gisement de South Pars.

Analyse, succincte, des Risques Projets

En première approche, si l’on s’en tient au projet lui-même, Total a su limiter les risques Projet :

  • en prenant le leadership du projet, au travers de sa participation majoritaire à 50,1%,
  • en y associant un partenaire chinois, la China National Petroleum Corporation, à hauteur de 30%,
  • en y impliquant les iraniens, la NIOC étant représentée par sa filiale Petropars, à hauteur de 19,9%.

Pour autant, dans les risques Projet, il y a aussi les risques géostratégiques. La rivalité Iran Arabie Saoudite, ou chiites sunnites, reste exacerbée, pour de nombreuses raisons (Syrie, Qatar, Yemen, entre autres).

Les Etats-Unis ont fait le plein de contrats d’armements en Arabie Saoudite très récemment. Et la France fait partie de l’Otan et est donc alliée militaire des Etats-Unis. Au Yemen, l’Iran affronte déjà l’Arabie Saoudite de façon indirecte. En Syrie, les Etats-Unis et leurs alliés, au premier rang desquels se trouve la France, affrontent, indirectement, le gouvernement syrien, l’Iran et la Russie. Et, pour simplifier, nous laisserons de côté, entre autres, la Turquie, les Kurdes et… l’Etat Islamique!

En parallèle, les Etats-Unis aiment à laisser patrouiller leurs vaisseaux de guerre au large d’îlots occupés par les chinois en mer de Chine méridionale et viennent d’autoriser une vente d’armes à Taïwan, malgré la « ferme opposition » de la Chine, à hauteur d’ 1,3 milliard de dollars. La Chine qui, rappelons-le, est, au travers d’une de ses sociétés nationales, partenaire de ce projet à hauteur de 30%.

Dans cette configuration, investir un milliard d’euros est un pari audacieux, même si à l’échelle de Total, c’est probablement un pari d’un montant raisonnable (représentant 1% seulement des fonds propres de l’entreprise), en comparaison des gains potentiels que pourrait apporter la croissance du secteur Oil & Gas en Iran.

Au-delà du risque de perte financière, le risque humain n’est pas négligeable. Le danger ne vient pas, a priori, de la population ou du gouvernement iranien, puisqu’il est partie prenante et approbateur du projet. Le risque humain découle bien, par contre, de la situation géostratégique décrite ci-dessus. Et le risque humain s’évalue mal et se compense mal, en espérance mathématique de gains pariés sur la croissance à venir, certes séductrice, du secteur Oil & Gas iranien.

Illustration en vidéo

Source de l’information

Site web de Total Corporate – Communiqué de presse
Article: Iran : Total signe avec la NIOC le contrat portant sur le développement de la phase 11 du champ gazier géant de South Pars.

Sujet et source de l’image

Sujet de l’image: Iran – South Pars – Plate-forme pétrolière.
Source de l’image : Wikipédia – South Parsi – Statoil.

Liens externes utiles

Site web de Total.
Page Wikipédia de Total.

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Auteur : Franck Frémont

Plus de trente ans de réalisations opérationnelles en vente, production et financement de projets industriels et d’infrastructures dans de nombreux pays du monde. Des centaines de chargés d’affaires, de responsables d’affaires et d’ingénieurs commerciaux recrutés et formés, au sein des plus grands groupes internationaux, réalisant des projets dans l’industrie et les infrastructures.

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